Le dirigeant cubain Fidel Castro lâche le pouvoir

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Le dirigeant cubain Fidel Castro lâche le pouvoir

Message  Turk le Mer 20 Fév - 14:02

Fidel Castro a annoncé mardi renoncer à la présidence de Cuba, mettant ainsi un terme à une longue période d'incertitude



Après 49 ans à la tête du pays, le dirigeant cubain a déclaré dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime: "Je n'aspirerai ni n'accepterai - je répète - je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de Président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef".

Castro est éloigné du pouvoir par la maladie depuis bientôt 19 mois.

Castro, 81 ans, avait provisoirement délégué ses pouvoirs à son frère cadet, Raul, le 31 juillet 2006 à la suite d'une intervention chirurgicale.

"Le moment est venu de postuler et d'élire le Conseil d'Etat, son Président, vice-Président", indique encore le leader cubain en s'adressant à ses "chers compatriotes", à propos d'élections prévues la semaine prochaine. Le parlement de Cuba récemment élu se réunira le 24 février pour désigner les membres du Conseil d'Etat, la plus haute instance du pouvoir exécutif du régime communiste cubain, ainsi que son président et le ou les vice-présidents.

Dans sa lettre, Fidel Castro souligne qu'il a eu "l'honneur de cette charge - président du Conseil d'Etat - pendant de longues années", depuis la nouvelle constitution de 1976. Il est le numéro un cubain depuis la révolution de janvier 1959. Le message est signé de sa main, et daté du 18 février à 17h30 (22h30 GMT). "Connaissant mon état de santé critique, beaucoup pensaient à l'extérieur que le renoncement provisoire à la charge de Président du Conseil d'Etat le 31 juillet 2006, que j'ai laissée entre les mains du Premier vice-président Raul Castro Ruz, était définitif", ajoute Fidel Castro.

"Heureusement, notre processus compte encore avec des cadres de la vieille garde, unis à d'autres qui étaient plus jeunes quand a commencé la première étape de la Révolution", poursuit le dirigeant cubain dans son message. "Le chemin sera difficile et requerrera l'effort intelligent de tous", dit-il encore, avant de conclure: "Je ne vous fais pas mes adieux. Je souhaite combattre comme un soldat des idées. Je continuerai à écrire sous le titre Réflexions du camarade Fidel. Ce sera une arme de l'arsenal avec lequel il faudra compter. Peut-être ma voix s'entendra. Je serai prudent. Merci".

Les dissidents entre méfiance et espoir
Les principaux dirigeants de la dissidence cubaine s'interrogeaient mardi après la renonciation à la présidence annoncée par Fidel Castro, éloigné du pouvoir depuis 19 mois par la maladie.
"Je pense qu'ils ont fait ce qui était le plus sensé. Peut-être la raison et la logique commencent-elles un peu à entrer dans le gouvernement cubain", a déclaré à l'AFP Vladimiro Roca, porte-parole du regroupement de centre-gauche Todos Unidos.

Mais cet ex-prisonnier politique et fils du fondateur du Parti communiste cubain (PCC, parti unique) Blas Roca, reste sceptique. "Il n'y a pas eu de toute manière de changement en un an et demi sans Fidel et il ne va pas y en avoir maintenant non plus", a-t-il estimé. Le fait que le vieux dirigeant cubain n'ait pas évoqué son retrait du poste de secrétaire du Parti communiste ne lui paraît guère important : "Le parti, cela fait longtemps qu'il a cessé d'être un organe du pouvoir, ici le pouvoir, c'était Fidel, sa personne (...), sa volonté".

Oswaldo Paya, prix Sakharov 2002 et animateur chrétien du "projet Varela" en faveur d'une transition démocratique, a estimé à l'inverse que le retrait de Castro était "quelque chose de très important" et affirmé que le "peuple de Cuba veut des changements". "Des changements, cela signifie des droits, la réconciliation, donner la voix au peuple, une nouvelle loi électorale, de nouvelles élections", a-t-il indiqué à l'AFP, souhaitant que cette "nouvelle étape puisse se dérouler en paix et de manière souveraine pour tous les Cubains sans exclusion".

Manuel Cuesta Morua, un opposant social-démocrate modéré, a jugé "courageuse" la décision prise par le président cubain, estimant que le pays allait "commencer à se normaliser". Selon lui, Fidel Castro a accepté de "regarder la réalité et se rendre compte que Cuba nécessitait un autre cap et que Cuba avait changé". "Il a pris la décision correcte au bon moment", a-t-il ajouté.

Les grandes lignes de vie du Lider Maximo

Né le 13 août 1926 dans le village de Biran, à l'est de Cuba, Fidel Castro est le fils d'un immigré espagnol, qui a fait fortune dans la canne à sucre, et d'une Cubaine d'origine modeste. Après une scolarité dans des écoles catholiques, il étudie le droit à l'université de La Havane. En 1948, il épouse Mirta Diaz Balart, soeur d'un des lieutenants de Batista. De cette union, naît un fils, prénommé Fidel.

Ce révolutionnaire, orateur hors pair, qui mène une guérilla depuis les montagnes de la Sierra Maestra où lui et ses hommes se sont réfugiés contre Fulgencio Batista, finit après un exil au Mexique, par précipiter le départ du dictateur en 1959. Toujours en uniforme vert olive, Castro, a inspiré les mouvements gauchistes dans le monde entier.

Assumant à la fois les fonctions de dirigeant du Parti communiste et de président, le Lider Maximo a conduit le pays d'une main de fer durant un demi-siècle. Malgré les difficultés économiques dans les années 1990, il a refusé toute concession au capitalisme. Héros pour certains, dictateur pour d'autres, Castro est accusé par une partie des Cubains et de la communauté internationale d'avoir supprimé les libertés économiques et politiques dans son pays. De nombreux Cubains ont fui l'île, souvent pour rejoindre les Etats-Unis.

Il a été la cible de plusieurs tentatives d'assassinats à l'instigation de Washington. En 1961, sous la présidence Kennedy, plusieurs milliers d'exilés cubains entraînés et soutenus par la CIA ont débarqué dans la baie des Cochons, mais l'opération fut un échec. La CIA a par la suite envisagé plusieurs autres stratagèmes, plus ou moins sérieux, pour tenter de l'éliminer.

Le 31 juillet 2006, à la suite d'une intervention chirurgicale à l'intestin, il délègue provisoirement ses pouvoirs à son frère cadet, Raul. Mais sa lente convalescence alimente les doutes sur sa capacité à revenir au pouvoir.

Réactions internationales

Paris espère que sa décision ouvre "une voie nouvelle" et qu'"il y ait plus de démocratie dans ce pays", a affirmé mardi le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, sur Europe 1. Selon lui, le pouvoir de Fidel Castro restera marqué par "le fait qu'il n'y ait pas eu suffisamment de réformes, qu'il n'ait pas compris les évolutions qui se sont fait jour notamment à la fin des années 70, au début des années 80, qu'il n'ait pas compris les évolutions qui se sont fait jour à la suite de la chute du mur de Berlin et de l'Union soviétique".

Le président américain a déclaré mardi à Kigali que le renoncement de Fidel Castro à la présidence de Cuba devrait amener une "transition démocratique" dans le pays. "Je vois cela comme une période de transition et cela devrait être un début de transition démocratique pour le peuple cubain", a insisté George W.Bush. Le président américain a également pressé la communauté internationale de ne pas priviligier la "stabilité" au détriment de la démocratie à Cuba.

Pour Londres, la décision de Fidel Castro de renoncer à la présidence de Cuba offre au pays l'opportunité d'une "transition pacifique vers une démocratie pluraliste", selon le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown.

A Madrid, la secrétaire d'Etat espagnole pour l'Amérique latine, Trinidad Jimenez, sur la radio nationale a déclaré mardi que le renoncement de Fidel Castro à la présidence de Cuba devrait renforcer la capacité de son frère Raul Castro à mettre en place son "projet de réformes".

Pékin a a salué mardi "le dirigeant révolutionnaire" Fidel Castro, "vieil ami" de la Chine", indiquant vouloir poursuivre les relations amicales avec Cuba.

Source : France2.fr

Turk
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D'un Castro l'autre: Raul succède à Fidel

Message  Kira le Lun 25 Fév - 17:56

Raul Castro a annoncé dimanche qu'il commencerait dès la semaine prochaine à lever certaines restrictions économiques



Le nouveau président cubain a fait cette annonce dans son discours d'investiture.

Raul Castro, 76 ans, a été élu dimanche sans surprise pour succéder à Fidel Castro. Seul candidat, le frère du président, qui assurait depuis juillet 2006 l'interim à la tête du pays, a été confirmé pour un mandat de 5 ans par l'Assemblée cubaine élue le 20 janvier.

Raul Castro promet la suppression de restrictions économiques
"Dans les prochaines semaines, nous commencerons à lever les plus simples (restrictions) dont beaucoup ont eu pour objectif d'éviter de nouvelles inégalités à un moment de pénurie généralisée", a déclaré Raul Castro après son élection, en référence à certaines restrictions économiques qui touchent les Cubains. Il n'a pas précisé lesquelles étaient concernées.

Il a immédiatement demandé à l'Assemblée de pouvoir "consulter" son frère sur les décisions concernant la défense, la politique étrangère et le développement éconmique, proposition approuvée à l'unanimité.

C'est José Ramon Machado qui a été nommé Premier vice-président. La nomination de cet membre de la vieille garde, ancien de la guérilla de la Sierra Maestra, réputé ultra-orthodoxe est un coup dur pour la jeune génération, alors que Carlos Lage, 56 ans, était donné favori.

Son arrivée à la présidence laisse entrevoir "un potentiel de changement" pour Cuba, a estimé Washington dimanche soir.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice avait pressé peu auparavant le régime cubain "d'entamer un processus de changement démocratique pacifique". Une déclaration aussitôt qualifiée d'"injurieuse" et d'"ouvertement interventionniste" par Raul Castro.

Les pays occidentaux, Washington en tête, attendent de lui qu'il démocratise un régime monolithique, en commençant par la libération des quelque 240 prisonniers politiques.

Avant de confirmer Raul Castro à la présidence, l'Assemblée nationale cubaine, réunie dimanche pour une séance historique, avait entériné le retrait de Fidel Castro, fondateur du régime, qui, à 81 ans, a renoncé à briguer un nouveau mandat après 49 ans de pouvoir sans partage.

José Ramon Machado, autre figure historique de la "vieille garde" cubaine, a été élu à la vice-présidence.

Raul Castro, homme de la continuité
Le général Raul Castro, gardien tout désigné de l'héritage de son frère aîné, a indiqué dès son élection dimanche soir qu'il continuera de consulter Fidel Castro sur les grandes décisions de l'Etat.

"J'assume la responsabilité qui m'a été confiée avec la conviction que (...) le Commandant en chef de la révolution cubaine est unique, Fidel est Fidel, comme nous le savons bien, Fidel est irremplaçable", a déclaré le nouveau président cubain dimanche soir. "Seul le Parti communiste peut être le digne héritier de la confiance que son leader a mise en lui", a-t-il ajouté.

Peu après sa désignation dimanche, il a appelé son homologue vénézuélien Hugo Chavez et a salué le peuple et les Forces armées du Vénézuéla.

A 76 ans, Raul Castro, général et ministre de la Défense depuis la victoire révolutionnaire de 1959 et qui assurait l'interim depuis 19 mois, est désormais Président du Conseil d'Etat et numéro un du régime, après avoir été l'éternel second de son aîné.

"Indubitablement, il est le camarade qui a la plus grande autorité après moi et la meilleure expérience. Aussi possède-t-il toutes les qualités pour me succéder", a dit de lui Fidel Castro dès 2001.

Homme de la continuité, le nouveau président se veut aussi l'homme des "petit pas", entendant répondre ainsi à l'imposante liste des problèmes légués par la gestion de son frère, sources d'impatience croissante dans la population.

Il a ainsi annoncé dimanche soir qu'une "réévaluation prudente, graduelle et progressive" du peso cubain était "en cours d'examen". Cuba vit dans un système de double monnaie, le peso cubain "ordinaire" et le peso convertible, 25 fois plus élevé, indispensable pour nombre de produits de première nécessité.

L'annonce du départ de Fidel Castro
Confronté à une santé déclinante, Fidel Castro a annoncé le 19 février qu'il renonçait à la présidence de Cuba, mettant ainsi un terme à une longue période d'incertitude. Dans l'édition électronique de Granma, organe officiel du régime, il a déclaré : "Je n'aspirerai ni n'accepterai - je répète - je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de Président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef." Il était déjà éloigné du pouvoir par la maladie depuis bientôt 19 mois. Fidel Castro, 81 ans, avait provisoirement délégué ses pouvoirs à son frère cadet, Raul, le 31 juillet 2006 à la suite d'une intervention chirurgicale.

"Le moment est venu de postuler et d'élire le Conseil d'Etat, son Président, vice-Président", indiquait encore le leader cubain en s'adressant à ses "chers compatriotes", à propos des élections du 24 février. Le parlement de Cuba récemment élu devait ainsi désigner les membres du Conseil d'Etat, la plus haute instance du pouvoir exécutif du régime communiste cubain, ainsi que son président et le ou les vice-présidents.

Dans sa lettre, Fidel Castro soulignait qu'il avait eu "l'honneur de cette charge - président du Conseil d'Etat - pendant de longues années", depuis la nouvelle constitution de 1976. Il était le numéro un cubain depuis la révolution de janvier 1959. Le message était signé de sa main, et daté du 18 février à 17h30 (22h30 GMT). "Connaissant mon état de santé critique, beaucoup pensaient à l'extérieur que le renoncement provisoire à la charge de Président du Conseil d'Etat le 31 juillet 2006, que j'ai laissée entre les mains du Premier vice-président Raul Castro Ruz, était définitif", ajoutait Fidel Castro.

"Heureusement, notre processus compte encore avec des cadres de la vieille garde, unis à d'autres qui étaient plus jeunes quand a commencé la première étape de la Révolution", poursuivait le dirigeant cubain dans son message. "Le chemin sera difficile et requerrera l'effort intelligent de tous", disait-il encore avant de conclure: "Je ne vous fais pas mes adieux. Je souhaite combattre comme un soldat des idées. Je continuerai à écrire sous le titre Réflexions du camarade Fidel. Ce sera une arme de l'arsenal avec lequel il faudra compter. Peut-être ma voix s'entendra. Je serai prudent. Merci."

Raul Castro dans les pas de Fidel

Raul Castro, 76 ans, désigné dimanche pour succéder à son frère Fidel, marche depuis toujours dans les pas de son aîné et dirige d'une main de fer l'armée cubaine, pilier d'un régime communiste monolithique.

Dimanche, le nouveau président cubain est sorti de son rôle d'éternel "second", même s'il reste le numéro deux du Parti communiste, le parti unique, toujours dirigé en titre par Fidel Castro.

Homme du secret, l'ancien guérillero est depuis l'aube du régime le redouté ministre des Forces armées révolutionnaires (FAR), avec la haute main sur la puissante police politique.

Petit, le visage barré d'une fine moustache, Raul Castro est aussi dépourvu de charisme que son frère est doué d'une éloquence proverbiale. Mais, jovial et non dépourvu d'humour, il sait être concis et direct, un style radicalement nouveau pour les Cubains.

Général quatre étoiles, il a mis à profit son long intérim pour modifier son image de militaire endurci, se muant en un réformateur prudent, décidé toutefois à n'avancer que "petit à petit" sur la voie du changement. Sous sa férule, l'armée cubaine a pris une part décisive dans les secteurs-clés de l'économie, notamment le tourisme.

Crédité d'une volonté de s'inspirer des expériences chinoise et vietnamienne, auxquelles il s'est intéressé lors de nombreuses visites auprès des "partis frères" de Pékin et Hanoi, Raul Castro s'est déjà engagé à assurer la "continuité" du socialisme, mais en oeuvrant à des "changements structurels".

Père de quatre enfant et veuf depuis l'an dernier après le décès de son épouse Vilma Espin, on le dit très à l'écoute de sa fille Mariela, 44 ans, sexologue et avocate de la cause homosexuelle, favorable à une évolution des mentalités.(avec AFP)

Source : France2.fr

Kira
Invité


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