L'incorrection du Président Sarkozy au salon de l'agriculture

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L'incorrection du Président Sarkozy au salon de l'agriculture

Message  L. le Mar 26 Fév - 13:24

Casse toi pauvre con !


L.
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Insulte de Sarkozy: un mea culpa

Message  L. le Mar 26 Fév - 17:57

Dans Le Parisien/Aujourd'hui, le président s'exprime pour la première fois sur son altercation au Salon de l'agriculture



"Il est difficile même quand on est président de ne pas répondre à une insulte, j'ai sans doute les défauts de mes qualités. Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", déclare Nicolas Sarkozy à propos de l'insulte qu'il a infligée un visiteur qui lui était hostile, samedi à Paris.

Le président s'exprimait mardi dans le quotidien.

"Ce n'est pas parce qu'on est président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds", a encore justifié le chef de l'Etat, alors que depuis samedi, la polémique provoquée par son insulte à un badaud ("Casse toi, pauvre con") a alimenté autant les éditos de journalistes que les conversations.

Le mea culpa ajouté après l'interview
L'esquisse d'excuses -"j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre"- du président dans Le Parisien/Aujourd'hui a été publiée dans un vaste entretien accordé par Nicolas Sarkozy à des lecteurs du quotidien. Or, il s'avère que "cette phrase n'a pas été prononcée" devant ces interlocuteurs, a souligné Dominique de Montvalon, directeur de la rédaction du quotidien, mardi matin sur Canal+. Le mea culpa a été inséré lundi soir à la suite d'une demande de l'Elysée. L'interview a été "amendée et corrigée", puis transmise au journal lundi en fin de soirée. Le directeur de la rédaction a précisé que Le Parisien publierait mercredi la version non amendée de l'entretien, qui s'est déroulé lundi matin à l'Elysée.

Sarkozy au Parisien : les autres déclarations
- Sur l'ouverture : le Président affirme qu'il "va (la) continuer" et qu'il "aimerait un jour travailler avec Claude Allègre", l'ancien ministre PS de l'Education -et ami proche- de Lionel Jospin, qu'il considère comme "un grand scientifique" qui "veut changer les choses".

- Sur la hausse substantielle de son salaire : Nicolas Sarkozy a voulu "gagner exactement comme le Premier ministre", soit "19.177 euros", tandis que Jacques Chirac en gagnait "20.000", cumulant 10.000 euros de salaire comme président et "toutes ses retraites". "Qui a fixé le salaire du Premier ministre ? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le Premier ministre doit gagner 20.000 euros, il n y a pas de polémique parce qu'il est de gauche", déclare Nicolas Sarkozy. "Et on dit : 'Sarkozy augmente de 140% son salaire!'. Où ont-ils vu ça ?", plaide-t-il. Il rappelle qu'"avant, personne ne savait combien gagnait le président" et précise avoir demandé "une loi" sur le sujet.

- Sur l'affaire de fraude à la Société Générale : "Je ne comprends pas l'affaire de la Société générale: quand le président d'une entreprise connaît un sinistre de cette ampleur et qu'il n'en tire pas les conclusions, ce n'est pas normal", déclare-t-il en allusion au PDG Daniel Bouton, qui a confirmé lundi qu'il restait en poste en dépit du scandale des 4,9 milliards d'euros évaporés à la suite des manoeuvres présumées du jeune trader Jérôme Kerviel. "Je n'ai rien contre Daniel Bouton. Mais on ne peut pas dire: 'Je vais être payé 7 millions par an' et quand il y a un problème, dire: 'c'est pas moi'. Ca, non, je ne l'accepte pas."

- Sur son style et son omniprésence dans l'actualité : "Hyperactif, c'est mon devoir pour réveiller un pays qui sommeillait (...) Hyperactif, je le dois à la France parce que, si le président ne s'engage pas, ça ne bouge pas (...) Hypermédiatisé ? Je vous demande de me croire : je ne le cherche pas. Je ne vois pas d'ailleurs comment je pourrais empêcher la publication des photos" sur sa vie privée.

- Sur la loi de rétention de sûreté : Nicolas Sarkozy demeure très attaché au principe de rétroactivité, rejeté par le Conseil constitutionnel. "On aura donc deux catégories de serial-violeurs : celui qui sera libre parce qu'il a été condamné juste avant la loi, et celui qui n'aura pas le droit de sortir parce qu'il a été condamné juste après (...) J'aimerais qu'on ne mette pas ce principe de la rétroactivité au service des criminels les plus dangereux."

L'insulte de Sarkozy: "buzz" et précédent

L'incident, filmé et diffusé sur le site du Parisien, avait été consulté plus de 2,5 millions de fois lundi.

Samedi 23 février au matin, en plein bain de foule inaugural du Salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy, souriant, serrait des mains quand un visiteur d'un certain âge lui a lancé : "Ah non, touche-moi pas ! Tu me salis". "Casse-toi, alors, pauvre con !", a répliqué le chef de l'Etat, peut-on voir sur l'enregistrement vidéo.

Cassetoipauvrecon.com, le site "qui déchire"
L'insulte fait fureur auprès des internautes qui se sont rués pour réserver les noms de domaine "cassetoipauvrecon". Les adresses en .com, .net, .org et .fr ont été réservées dimanche et lundi. Amusé, le journaliste John Paul Lepers en a réservé un, dans le but d'en faire "peut-être un site". Des petits malins ont déjà mis aux enchères le rachat du site Cassetoipauvrecon.com, "le nom de domaine qui déchire le quinquennat".

Le précédent du Guilvinec
Le 6 novembre, un autre accrochage verbal avait déjà provoqué un "buzz" sur internet : il avait opposé le président à un marin-pêcheur du Guilvinec, "Juju", Julien Guillamet, 21 ans qui, perché sur une terrasse de la criée de ce port breton, l'avait invectivé. Nicolas Sarkozy lui avait demandé de descendre s'expliquer. "Si je descends, je te mets un coup de boule", avait répliqué le jeune homme, sautant une barrière avant d'être arrêté par les services de sécurité. "Juju" avait ensuite été invité à faire partie d'une délégation de pêcheurs reçue en janvier à l'Elysée.

Réactions de soutien à droite

Face à la polémique, des membres du gouvernement et de l'UMP, embarrassés par l'affaire, ont fait front lundi pour défendre Nicolas Sarkozy.

- Yves Jégo, porte parole de l'UMP : "La réaction du président de la République est une réaction humaine", a-t-il dit lors de son point de presse hebdomadaire. "Il a fait en sorte d'être compris de son interlocuteur." "Voilà ce qui arrive quand on assiste à ce à quoi on a assisté depuis quelques semaines, une forme de lynchage de la personne du président de la République", une "chasse à l'homme".

- Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement : Nicolas Sarkozy démontre "un calme et une sérénité vraiment exceptionnels (...) devant une déferlante pareille". "Ce qui me choque, c'est la réaction (...) de toute cette gauche bien-pensante" qui considère comme "normal et acceptable" que quelqu'un insulte le chef de l'Etat, a-t-il expliqué. "Le respect, il est dans les deux sens."

- Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur : "C'est pas un agacement d'un instant qui permet de porter un jugement ni sur la personnalité ni sur l'attitude d'un chef de l'Etat."

- Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration : "Les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds."

- Jean-Pierre Raffarin : "On ne peut laisser le président seul au front", a déclaré dimanche l'ancien Premier ministre estimant que l'UMP et le gouvernement se devaient de "protéger" le chef de l'Etat, cible de toutes les attaques.

Commentaires à gauche

- Bertrand Delanoë, maire-candidat PS de Paris, s'est montré indulgent avec le chef de l'Etat, mardi matin dans les Quatre vérités sur France 2. Il a commis une erreur, tout le monde peut en commettre, son style est assez particulier par rapport à la fonction présidentielle." Il a estimé ensuite que "le rôle des responsables politiques est de parler du fond avec sérieux et sans démagogie". Lundi, déjà, il avait souligné qu'il y avait des "sujets sur lesquels il était le plus important de réagir" que l'incident de samedi, citant le pouvoir d'achat, l'inflation ou le "respect du Conseil constitutionnel".

- Laurent Fabius (PS), ancien Premier ministre socialiste, a estimé que "pour bien présider la République, il faut d'abord se présider soi-même". "Je trouve ça absolument lamentable. Qu'il y ait une agression verbale à l'égard du président de la République, c'est lamentable, mais ça arrive à beaucoup d'hommes politiques. Simplement, il ne faut pas se situer dans la réponse sur le même plan, sinon on s'abaisse."

- François Hollande, premier secrétaire du PS, a jugé, dès dimanche, "insupportable" le fait "que le président ne soit pas exemplaire". "C'est quand même un comble que ce soit l'opposition qui rappelle le président à ses devoirs", a-t-il lancé sur Canal +. Pour le Premier secrétaire du PS, "un président de la République n'est pas un citoyen comme les autres, il ne peut pas parler de ses propres croyances ou de ses propres convictions, il est le président de tous les Français", et "c'est à force de manquer à tous ses devoirs que Nicolas Sarkozy connait finalement la désaffection populaire."

- Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, a qualifié le pouvoir sarkozyste d'"anxiogène" et "déstabilisant, y compris pour ceux qui ont voté pour lui".

- Robert Badinter, ancien garde des Sceaux socialiste, a rappelé que "la présidence de la République est une fonction qui appelle de la part de celui qui l'exerce réserve, distance et modestie".

L.
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