Le renouveau du «couple» franco-allemand

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Le renouveau du «couple» franco-allemand

Message  Locke le Mar 4 Mar - 16:05


Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont souligné leurs nouvelles convergences à l'issue d'un entretien qui a suivi l'inauguration du Salon mondial des technologies de l'information, lundi à Hanovre. Crédits photo : AP

L'accord dégagé entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sur l'Union pour la Méditerranée semble sceller un nouveau départ entre Paris et Berlin.

La percée s'est bel et bien produite. Après une période de turbulences, l'Allemagne et la France ont dégagé un accord sur le dossier actuellement le plus épineux, mais aussi le plus emblématique de leurs relations, la future Union pour la Méditerranée . La nouvelle unité de vues a été annoncée lundi soir à Hanovre par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy à l'issue d'un entretien qui a suivi leur inauguration du Cebit, le Salon mondial des technologies de l'information.

Tous les deux ont refusé de donner les détails de leur accord qui sera présenté au prochain Conseil européen à Bruxelles. «Nous voulons associer les partenaires , a souligné le président, et non pas leur imposer nos idées.»

Cette évolution vers une renaissance du traditionnel axe franco-allemand était perceptible depuis un jour ou deux. Sauf soubresaut de dernière minute, il s'agit d'un tournant dans les relations bilatérales qui, depuis l'élection du président à l'Élysée, ont été marquées par nombre d'incompréhensions.

Une telle phase d'accoutumance a toujours marqué les débuts des différents «couples» franco-allemands. Jacques Chirac avait ainsi initialement suscité l'ire de Helmut Kohl par la reprise des essais nucléaires français. Quand Gerhard Schröder est arrivé au pouvoir, en 1998, il a fallu deux ans de crise, du sommet de Berlin à celui de Nice, avant qu'ils établissent à la faveur du rejet commun de la guerre en Irak des relations privilégiées.

Avancées sur d'autres dossiers

La clef du succès, pour le projet méditerranéen aussi cher à Nicolas Sarkozy que suspect aux yeux d'Angela Merkel, a été de l'inclure clairement dans les structures communautaires. Ce sera «un développement, une nouvelle étape» du processus de Barcelone, a indiqué la chancelière. Donc une poursuite du projet né en 1995 et enlisé depuis, en lieu et place d'une initiative lui faisant concurrence. «Un projet européen», a souligné le chef de l'État, qui doit «s'appuyer sur tout Barcelone» . Aucun des deux n'a voulu confirmer les rumeurs qui avaient couru sur de possibles infléchissements de la position française. Il avait été question de trois gestes supplémentaires de Paris de nature à emporter l'adhésion de Berlin. La création d'abord d'un statut de membre «associé» à la future Union. L'inversion ensuite du calendrier : un sommet de l'UE à Paris, le 13 juillet, avant celui des pays riverains le 14, et non pas le contraire. De quoi souligner le caractère inclusif de l'exercice. La référence enfin au «Conseil des États de la mer Baltique» au titre de modèle, une entité largement ignorée du grand public, même si son importance régionale est réelle. Tout cela reste à vérifier.

La réunion de Hanovre s'est également soldée par d'autres avancées sur plusieurs dossiers. Une coopération étroite a été décidée dans le cadre européen pour intensifier la lutte contre les paradis fiscaux. Ce point n'a guère dû poser problème après la vague d'opprobre et les enquêtes en cascade déclenchées par les révélations sur les fraudes fiscales au Liechtenstein. Sur des dossiers à fort potentiel de contentieux, des groupes de travail bilatéraux seront mis en place. Angela Merkel a cité la politique européenne de défense et de sécurité, la protection du climat, l'immigration et la politique agricole. Un groupe de travail ancré à l'Élysée et à la Chancellerie sera créé pour tenter de trouver un terrain d'entente sur la question des émissions de CO2 des voitures qui oppose les deux pays à Bruxelles.

Les récentes frictions nées de l'annulation et du report de deux rencontres, l'une au sommet et l'autre entre les ministres des Finances, n'ont pas été évoquées. Au contraire, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont renvoyé à la coopération sur le traité simplifié européen et l'accord sur la gouvernance de l'avionneur EADS pour souligner leur capacité à dégager des accords. «Je ne sais pas ce qu'il faut faire, a même soupiré le chef de l'État, pour que vous considériez que nous travaillons la main dans la main.»

Source : lefigaro.fr

Locke
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