La Chine hausse le ton

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La Chine hausse le ton

Message  Luke le Mer 26 Mar - 18:35

Pékin s'est dit opposé mercredi à tout contact officiel entre le dalaï lama et des responsables français

"Le gouvernement s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du dalaï lama avec n'importe quel pays", a lancé la diplomatie chinoise, réagissant aux propos de Rama Yade. Mardi dans Le Figaro, elle s'est dite prête à recevoir le chef spirituel tibétain en cas de visite en France.

Pékin a réitéré son appel à "ne pas politiser" les JO.

En outre, un nouveau site internet en chinois, baptisé anti-CNN, en référence à la chaîne de télévision américaine d'informations en continu, a été lancé pour dénoncer "les mensonges" des médias occidentaux sur les événements au Tibet. Ce site, qui se veut aussi "anti.BBC.com" (site internet de la BBC), est le fruit de la "colère" d'étudiants chinois établis à l'étranger, a rapporté mercredi le China Daily.

La Chine a interdit aux journalistes étrangers l'accès libre au Tibet et aux provinces voisines à fortes minorités tibétaines, touchées par des manifestations. Elle accuse certains médias occidentaux de déformer les faits. Pékin a organisé mercredi un voyage de presse encadré de trois jours pour un groupe d'une dizaine de journalistes étrangers, le premier depuis les émeutes de Lhassa le 14 mars.

Le nouveau vice-président chinois Xi Jinping, considéré comme l'étoile montante du Parti communiste chinois (PCC), a déclaré mercredi que la Chine ne laisserait pas les Jeux Olympiques prévus en août à Pékin devenir une affaire politique. "Je pense que nous devons assurer le succès (des JO) tout en respectant le principe de non politisation de ces jeux."

Mardi, Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu'il n'excluait pas un boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques 2008 de Pékin, face à la répression chinoise au Tibet. "Toutes les options sont ouvertes", a-t-il déclaré, ayant été confronté aux critiques des défenseurs des droits de l'Homme sur son manque de pugnacité vis-à-vis de Pékin dans la crise au Tibet. Appelant "au sens de la responsabilité des dirigeants chinois", il a ajouté : "Je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée" par Pékin.

Ces derniers jours, les responsables français avaient écarté tout boycott, y compris de la cérémonie officielle. La France, qui préside l'UE au second semestre de 2008, avait annoncé lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Pékin en novembre qu'il "irait aux JO en tant que président de l'Union européenne".

Mais la pression n'a pas cessé de monter en France contre la politique chinoise ces derniers jours au Tibet. Des intellectuels, des artistes ont signé une pétition de solidarité. Très active, l'organisation française Reporters sans Frontières (RSF), qui a perturbé lundi le départ de la flamme olympique, n'a cessé d'interpeller Paris. Des voix se sont élevées au sein même de la majorité. "Qu'entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux...? Un appel à "la retenue". En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de "tuer avec retenue"!", écrit mardi Alain Juppé sur son blog. Une allusion transparente à la position de Nicolas Sarkozy, qui avait adressé lundi à son homologue chinois Hu Jintao un message appelant à "la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet".

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé mardi qu'il fallait "brandir" la menace d'un boycott. Selon l'ancien chef du gouvernement, le président Nicolas Sarkozy "doit dire la vérité" et expliquer aux autorités chinoises : "la cérémonie d'ouverture va être rendue très difficile pour vous comme pour nous".

La répression chinoise au Tibet "n'est pas supportable", a déclaré mardi matin le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en affirmant que Paris n'était pour autant pas favorable à un boycott des JO.

De son côté, le secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte a à nouveau réagi mardi à la demande de boycot de la cérémonie d'ouverture des J.O., notamment formulée par le PS. "Si cela doit faire avancer les choses, si cela doit changer la liberté, les droits de l'Homme en Chine, je ne suis pas contre. Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien", a-t-il dit dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "D'un côté, il y a le sport, de l'autre, un gouvernement qui doit faire de la politique. Je pense qu'imbriquer les deux, faire porter aux sportifs ces choses-là, c'est beaucoup", a-t-il expliqué. "Ne nous servons pas du sport comme alibi."

Mardi, le gouvernement tibétain en exil a annoncé que la répression chinoise au Tibet avait fait environ 140 morts. Pour Pékin, le bilan officiel est de 19 morts.

Parmi les dirigeants de l'UE, Angela Merkel est une des rares avoir reçu le chef spirituel tibétain, en septembre dernier.

Source : France2.fr

Luke
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