Nicolas Sarkozy, municipales et polémiques

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Nicolas Sarkozy, municipales et polémiques

Message  Near le Lun 25 Fév - 17:44

En France, les eléctions municipales approchent, les polémiques durcissent et les débats sont de plus en plus virulents entre le camp du président Nicolas Sarkozy et la presse d’une part et d’autre part entre les ténors politiques de la majorité et de l’opposition. Avec la presse d’abord ce serait la guerre à en croire certains proches du président Sarkozy et jusqu’au 1er ministre François Fillon qui dénoncent une chasse à l’homme.

Pourquoi le climat a-t-il changé à ce point entre la présidence et la presse ?




Eh bien tout simplement, cela est du à l’omniprésence du phénomène d’usure du pouvoir, la presse par ailleurs les medias d’une manière générale fonctionnent comme une bulle, quand elle s’emballe dans un sens tout le monde s’emballe dans ce même sens et puis après elle peut aller dans l’autre, mais la vraie raison de ce changement des medias c’est parce qu’ils ont enregistré dans les sondages un énorme décrochage du président Sarkozy et ça c’est pas le fait des medias, c’est plutôt celui de l’opinion qui s’est retourné et du coup les medias sont devenus à charge, alors que jusque là ils étaient plutôt, non pas à soutenir le président, mais à être au fond, dans une forme d’admiration pour certains, d’attente pour d’autres, mais pas de posture critique.

Il y a eu d’abord un travail d’explication pour essayer de comprendre ce revirement de l’opinion et puis naturellement après l’explication, comme il est apparu que tout ça était très lié au comportement même de Nicolas Sarkozy, les positions éditoriales sont devenues de plus en plus dures que Nicolas Sarkozy n’a pas accepté, d’où l’accélération des tensions, et comme tout chef d’état quand tout va bien et que la presse est derrière lui il trouve la presse merveilleuse encore qu’il n’a jamais été très aimable avec la presse, et quand tout va mal eh bien naturellement c’est la faute à la presse et aux medias.

Parmi les critiques les plus dures à l’encontre de Nicolas Sarkozy, celles sur la diplomatie ou la politique par comités d’experts ou encore sur la vie privée dans le camp même du président Sarkozy notamment après le mariage avec Carla Bruni ou encore avec l’affaire de Neuilly ou le fils du président Jean Sarkozy est candidat aux élections cantonales, ce qui traduit visiblement le fait que le chef de l’état a également des problèmes avec sa famille politique. Il a en effet un sérieux problème avec le groupe parlementaire dans son système de gouvernement, il est vrai que le chef de l’état alors qu’il avait dit qu’il allait rééquilibrer les pouvoirs, rééquilibrer les institutions, il avait institué la commission Balladur pour cela et elle a rendu ses conclusions il y 2 mois maintenant , on verra ce qu’il en est concrètement dans les mesures qui seront adoptées qui seront annoncées après les municipales alors que la commission avait été priée d’aller très très vite dans la remise de ses conclusions dont tout ça était différé mais de la pratique tout se décide en réalité avec des disfonctionnements formidables. Normalement le chef de l’état déclenche des décisions, en prend, initie les projets et la mécanique administrative normalement elle est déjà à Matignon et le directeur de cabinet du 1er ministre est l’homme le plus informé et finalement peut être l’un des plus puissants de France or aujourd’hui tout est transféré à l’Elysée et ça marche pas parce que tout le pouvoir est à l’Elysée y compris le pouvoir d’exécution qui était autrefois à Matignon et ça dysfonctionne parce que l’Elysée n’est pas équipé naturellement pour faire tout ce que le président demande désormais à l’Elysée donc il y a déjà des tensions qui sont extrêmes entre le président et le 1er ministre et par ailleurs le parlement n’a quasiment été traité de la sorte, il ne débat de rien tout lui est imposé de l’extérieur ; ce système des commissions donne le sentiment aux députés d’être totalement dépossédés de leurs pouvoirs et donc il y a un retournement du groupe parlementaire qui par ailleurs accompagne le retournement de l’opinion, il y a une blague qui court à Marseille et qui dit que tous les candidats aux municipales vont à la bonne mère notre dame de la garde pour la supplier que Nicolas Sarkozy ne vienne pas les soutenir, et ce parce qu’ils ont mesuré que l’opinion s’est retournée contre le président et non contre sa politique, puisque le 1er ministre reste lui extrêmement populaire et même progresse dans l’opinion mais parce qu’il ne peut plus supporter lui aussi cette charge et il trouve désormais une sorte de courage en s’appuyant sur l’opinion pour dire au président « Arrêtez de nous piétiner » ; il y a donc une vraie crise à l’intérieur de la majorité, on a remis un peu le couvercle la dessus dans la perspective des municipales et même certains candidats aujourd’hui essaient de surfer sur le thème “trop c’est trop“ et il semble qu’il y a un petit frémissement dans l’électorat de droite sur le thème “ça va trop loin“, et donc automatiquement un petit réveil d’un électorat qui allait écrire une défaite électorale sanglante par sa simple abstention.



Si on passe à la situation à Neuilly qui n’est autre que la caricature de tout ça, où on voit un chef d’état qui ne règne même pas dans son jardin, où finalement il se prend lui-même les pieds dans le tapis et court le risque en plus d’être accusé de despotisme. Jusqu’à présent le travail était plutôt bien fait, jamais il y a eu autant de préfets déplacés, plus de 100 mouvements de préfets dans les 1ers mois de la présidence, Nicolas Sarkozy a tout d’un coup rendu la main et ça devient caricatural parce qu’en plus c’est l’un de ses enfants qui apparaît en première ligne.



Autre événement parmi beaucoup de la semaine, cet appel du 14 février dans l’hebdomadaire Marianne signé de Ségolène Royale, François Bayrou ou Dominique De Villepin, Jean Pierre Chevènement et d’autres qui s’inquiètent d’une présidence qui mettrait en danger le pacte républicain. Ce cri d’alarme est un peu excessif ; est ce que les français ont le sentiment que la république est en danger ? Certes le chef de l’état avance sur des terrains qui méritent d’être très largement débattus, notamment quand il remet la spiritualité au centre des débats, on peut se poser la question que va-t-il faire de la laïcité qui est quand même au cœur du pacte républicain, mais au moins on n’en est pas la, parce que pour faire tout cela il va falloir passer bien entendu par la voie parlementaire.

Source : Magrheb Info

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