Londres: visite d'Etat de Sarkozy

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Londres: visite d'Etat de Sarkozy

Message  Luke le Mer 26 Mar - 18:12

Le chef de l'Etat et son épouse ont entamé une visite d'Etat de 36 heures en Grande-Bretagne



Nicolas et Carla Sarkozy ont été accueillis à leur arrivée à l'aéroport d'Heathrow par le prince Charles et son épouse Camilla.

Ils ont ensuite pris la route pour le château de Windsor où le couple présidentiel a été accueilli par la reine.

Pour parcourir les quelques kilomètres les séparant du château de Windsor, Nicolas Sarkozy a pris place aux côtés de la reine dans un carrosse tiré par six chevaux tandis que son épouse Carla voyageait dans un autre carrosse avec le prince Philip.

M. et Mme Sarkozy seront dans la soirée les hôtes d'un banquet d'Etat avant de passer la nuit au château.

Le président français aura le rare privilège de s'exprimer devant les Chambres des Communes et des Lords réunies au palais de Westminster.

Seuls 31 dirigeants étrangers ont pu s'exprimer de la sorte devant les élus britanniques. La précédente visite d'Etat française, celle de Jacques Chirac, remonte à 1996.

Jeudi, le chef d'Etat, accompagné de 11 ministres, retrouvera le premier ministre Gordon Brown pour leur premier sommet bilatéral. Les deux hommes se rencontreront d'abord à la résidence de son hôte britannique au 10 Downing Street, puis dans le cadre plus inattendu de l'Emirates Stadium, le stade d'Arsenal. Ce club est le plus français des clubs de football d'outre-Manche: c'est là qu'évoluent cinq joueurs hexagonaux, sous la houlette d'Arsène Wenger.

Les deux responsables doivent notamment aborder le dossier de l'Afghanistan où Paris devrait envoyer un millier de soldats supplémentaires. Ils discuteront de la réforme des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI) ou le Conseil de sécurité de l'ONU. Ils évoqueront aussi la coopération dans le nucléaire civil et les grands dossiers mondiaux: Tibet, turbulences financières...

Au chapitre financier, les services de Gordon Brown ont précisé que la France et la Grande-Bretagne appelleraient de nouveau à une plus grande transparence sur les marchés en demandant aux banques la publication exhaustive et sans délai de leurs dépréciations dues à la crise. Depuis novembre, leurs pertes ont atteint 125 milliards de dollars (81 milliards d'euros).

Interview à la BBC
Dans un entretien à la BBC, le chef de l'Etat français exhorte la Grande-Bretagne à participer "de l'intérieur" à la construction européenne. "Qui peut penser que l'on peut construire l'Europe de demain sans la Grande-Bretagne ? Qui peut penser que la Grande-Bretagne pourra vivre seule, ignorante de l'Europe qui est à 30 kilomètres de son île? Mais qui peut penser une chose pareille? Chacun aura besoin de l'autre", a déclaré Nicolas Sarkozy dans cet entretien enregistré mardi à Paris.

"Je n'ai jamais réduit la politique européenne de la France à la seule amitié avec nos amis allemands. L'axe Paris-Berlin, c'est fondamental mais ce n'est pas suffisant", souligne-t-il, plaidant pour une "Entente amicale" 104 ans après l'"Entente cordiale".

"Moi, je dis mettez-vous à l'intérieur de l'Europe, on a besoin de vous, on a besoin de votre force, on a besoin de votre potentiel, on a besoin de votre dynamisme", a-t-il ajouté.

Une visite très regardée
La Grande-Bretagne n'organise que deux visites d'Etat par an. Les télévisions et radios britanniques se sont mobilisées pour couvrir celle de Nicolas Sarkozy, certaines en direct.

Le président français entend tirer profit de ce "privilège rare" pour poser à l'international le nouvel acte "présidentiel" de son quinquennat: plus de réserve, de sobriété, de hauteur. En clair, moins de "clinquant" pour reconquérir une opinion française défiante et parfaire sa "mue" sur la scène diplomatique. "S'il y a un problème de style, j'espère que vous apprécierez l'habit que j'ai fait faire pour la soirée royale", a-t-il dit en plaisantant sur la BBC.

L'image de Nicolas Sarkozy Outre-Manche

"Un Bon Ami", titrait récemment en français un récent éditorial du "Times". Un titre flatteur qui résume l'état d'esprit plutôt bienveillant de la presse britannique.

L'élection de Nicolas Sarkozy avait été saluée en Grande-Bretagne comme l'avènement d'une ère prometteuse pour les relations entre Londres et Paris, après les rapports de plus en plus orageux entre Tony Blair et Jacques Chirac. "Instinctivement, les Britanniques et la presse britannique ont envie d'aimer" Nicolas Sarkozy, estime John Lichfield, correspondant à Paris du quotidien "The Independent" (centre-gauche). D'autant qu'il a succédé à Jacques Chirac.

Outre-Manche, nombreux sont ceux qui n'ont jamais digéré son arrogance présumée, ni son hostilité à la guerre en Irak ou encore sa plaisanterie désormais célèbre sur leur gastronomie. "On ne peut pas faire confiance à des gens qui font une cuisine aussi mauvaise",
avait déclaré Jacques Chirac.

A l'inverse, son énergique successeur a montré le modèle libéral britannique en exemple. Il a prôné un rapprochement avec les Etats-Unis et promis de réformer un système politique souvent jugé corrompu et vieillot outre-Manche.


"On considérait qu'il allait être un président plus compatible avec les Anglo-Saxons, bien plus libéral dans sa vision de l'économie, moins notoirement attaché aux idées européennes que ses prédécesseurs", note John Lichfield. Sa volonté affichée de renforcer la présence militaire française en Afghanistan ou son rôle au sein de l'OTAN lui ont également permis de marquer des points dans l'opinion publique britannique, estime de son côté Roger Duclaud-Williams, spécialiste des relations franco-britanniques à l'université de Warwick.

Par rapport à Jacques Chirac, la différence est flagrante. "Sarkozy est vu d'un oeil bien plus sympathique, tant pour ses positions en matière de politique étrangère que parce qu'il semble adopter en matière de politique intérieure française une attitude plus en phase avec celle du gouvernement du New Labour" de Gordon Brown, selon cet expert.

Mais au-dela de cette communauté d'idées, c'est la vie privée et le style du nouveau président qui ont fait de lui une "star" des médias britanniques. Les journaux les plus sérieux ont multiplié les pages sur son divorce, puis sur son mariage avec l'ancien mannequin Carla Bruni. Celle-ci fait le miel des gazettes pour avoir fréquenté les chanteurs britanniques Mick Jagger et Eric Clapton.

Au fil des mois, l'image du président français s'est quelque peu brouillée. La presse s'est mise mise à commenter à l'envi les accusations d'une présidence clinquante, d'une vie privée étalée dans les journaux. "Tout cela a progressivement miné la volonté de certains journaux de prendre Sarkozy au sérieux", estime le correspondant de "The Independant". "Autrefois la discrétion régnait à l'Elysée, aujourd'hui c'est une farce", titrait "The Observer" en janvier.

Mais pour le "Sunday Times", "sa soudaine baisse de popularité" en France est "plus liée à son comportement personnel qu'à sa politique". L'"aspect frivole" de la présidence française qui passionne tant la presse, notamment populaire, "n'a pas la moindre importance sur le plan politique" en Grande-Bretagne, estime l'universitaire de Warwick. Et à la faveur d'une visite d'Etat réussie, le locataire de l'Elysée pourrait même réussir à terme le tour de force de faire bouger l'opinion des Britanniques sur les Français, selon Roger Duclaud-Williams.


Et de conclure: "si les Français adoptent une attitude moins systématiquement anti-américaine sur un certain nombre de sujets, s'ils sont plus impliqués dans l'OTAN et dans les activités de l'Alliance en Afghanistan, cela aura à long terme un impact favorable sur l'opinion des Britanniques envers les Français".

Luke
Invité


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